Mohammad Amarneh, un mineur palestinien de 17 ans, est arbitrairement détenu dans une prison israélienne depuis deux mois. Son crime : une publication sur Facebook.


Dans la nuit du 2 mars 2016, Mohammad Amarneh et sa famille ont été brutalement réveillés par des soldats israéliens qui ont fait irruption a leur domicile, à Ya’bad, près de Jenin. Les soldats ont défoncé la porte de leur maison et sont allés arrêter le jeune homme dans sa chambre. Ils l’ont conduit au centre d’interrogatoire de Salem où il a été interrogé pendant 96 heures, seul, sans contact avec sa famille ni avec un avocat.
Ses interrogateurs l’ont accusé d’avoir publié sur son profil Facebook un message incitant à s’en prendre
aux forces de sécurité israéliennes. Mohammad a nié avoir un compte Facebook. Les juges du tribunal militaire de Salem auxquels il a été présenté à l’issue de l’interrogatoire ont relevé le manque de preuve et donné aux agents 72 heures pour fournir davantage d’éléments incriminants sans quoi le jeune homme serait libéré.


Le 14  mars, à défaut de preuves suffisantes pour justifier des poursuites  judiciaires, le commandement militaire a ordonné le placement de Mohammad en détention administrative, sans inculpation, sur la base de «preuves» qualifiées de secrètes et auxquelles ni lui ni son avocat n'ont donc eu accès. Deux jours plus tard, un  juge militaire a confirmé l’ordre de détention administrative au motif que les preuves secrètes présentées par le procureur permettaient d’établir que le garçon constituait une menace pour la sûreté de l’État. N’ayant pas accès auxdites preuves, le détenu n’a pas pu contester sérieusement son placement en détention.


L’ordre de détention administrative, de trois mois, peut être  renouvelé indéfiniment. Même s’il est libéré à l’issue des trois mois, Mohammad devra redoubler sa dernière année de lycée et ne pourra pas intégrer l’université l’an prochain, comme il l’aurait souhaité.