Absence d’enquête judiciaire sur des allégations de tortures contre deux détenus

 

Début juillet 2016, Messieurs Aballahi Matallah Seck et Moussa Bilal Biram sont détenus au secret au sein de la 2ème Compagnie de police à Tevragh Zeina.

Malgré leurs témoignages et la présence de stigmates de violence sur leurs corps, aucune enquête n’a été ouverte devant la justice. Militants de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), ce sont des victimes oubliées.

Devant la Cour criminelle de Nouakchott – en août 2016 - puis devant la Cour d'appel de Zouerate – en novembre 2016 - les deux détenus ont allégué avoir fait l’objet de tortures. Neuf agents des forces de police auraient été formellement identifiés auteurs de ces violences. Pourtant, aucune instance judiciaire ne s’est saisie de ces informations et demandé l'ouverture d'une enquête sur ces allégations de tortures.

Ils ont été condamnés, le 18 novembre 2016, par la Cour d'appel de Zouerate à une peine de trois ans de prison ferme pour « attroupement non armé, avoir empêché la police de faire son travail et appartenance à une organisation non reconnue ».

La République islamique de Mauritanie est partie à la Convention des Nations unies contre la torture depuis 2004. En ignorant ces allégations de tortures, les autorités judiciaires mauritaniennes envoient un message négatif à l'endroit des justiciables. Cela constitue une atteinte à l’Etat de droit.